Le groupe international « Umios Food » poursuit son développement en France et implante le siège de sa filiale française à Saintes. A cette occasion, nous rencontrons Caroline-Hanako Felus, Directrice d’Umios Food France.

Agence d’Attractivité : Pouvez-vous nous présenter votre groupe ?

Caroline-Hanako Felus : Umios Food France est la filiale française d’Umios Food Europe (UFE), elle-même intégrée au groupe japonais UMIOS (anciennement Seafood Connection – Maruha Nichiro), un acteur mondial engagé dans le développement de solutions durables liées aux ressources marines.
Le groupe produit et distribue des produits de la mer surgelés destinés aux principaux acteurs de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution. Présent dans le monde à travers 196 filiales, il emploie près de 12 500 collaborateurs, dont environ 10 000 au Japon. Son siège social est situé à Tokyo où le groupe est coté en bourse.
Qu’est-ce qui explique votre développement sur le marché européen, et notamment en France ?
Le groupe est engagé dans un développement international depuis plusieurs décennies. Fondée en 1880, l’entreprise poursuit aujourd’hui sa croissance sur les marchés européens, qui représentaient en 2025 près de 10 % de son chiffre d’affaires mondial, soit 875 millions d’euros, dont environ 50 millions d’euros réalisés en France.
Nous sommes convaincus que le marché français des produits de la mer offre encore un fort potentiel de développement. Nous travaillons principalement avec deux catégories de clients : les grossistes, comme ceux du marché de Rungis, et les industriels de l’agroalimentaire tels que Fleury Michon, Labeyrie Fine Food, Cité Marine ou encore Maison Brillau.
Quels sont vos produits phares ?
Nos produits emblématiques sont le colin d’Alaska dont nous maîtrisons la production grâce à nos propres installations en Alaska, les produits destinés au marché du sushi, les bars, les dorades, les crevettes et les langoustines, que nous produisons notamment dans notre usine d’Urk, aux Pays-Bas.
À Saintes comme partout en France, les consommateurs retrouvent principalement nos produits sous les marques de nos clients de la grande distribution.
Comment avez-vous connu Saintes ?
Après avoir grandi à Tokyo, j’ai intégré le groupe à la fin de mes études avant de travailler pendant neuf ans aux Pays-Bas. Ma famille s’est installée à Saintes il y a quatre ans. J’y ai poursuivi le développement commercial de l’activité française en télétravail, avec de nombreux déplacements, en tant que directrice commerciale France.
Face au potentiel du marché français, j’ai proposé au groupe d’ouvrir une implantation en France. Cette décision s’est concrétisée en janvier 2026 avec la création d’une filiale française dont le siège administratif est en cours d’installation à Saintes.
Au-delà de votre parcours personnel, qu’est-ce qui a motivé Umios Food Europe à choisir Saintes ?
La localisation a été un critère déterminant. Saintes bénéficie d’une position stratégique au cœur de l’Arc Atlantique, à proximité des grands bassins de production et des infrastructures de transport, notamment de l’aéroport de Bordeaux, tout en restant facilement accessible depuis Paris. Pour une entreprise dont l’activité est intimement liée aux produits de la mer, cette implantation est particulièrement pertinente.
Quelle est votre politique de recrutement ?
Nous avons réalisé un premier recrutement à l’automne dernier, puis deux embauches en mars. Un nouveau recrutement est prévu cet automne pour un poste en administration des ventes, et d’autres suivront afin d’accompagner notre croissance.
Nous recrutons avant tout des personnalités, davantage que des parcours. Nous n’avons pas rencontré de difficultés particulières pour recruter localement. En revanche, comme beaucoup d’entreprises, nous constatons que le recrutement de jeunes talents reste plus complexe. Nous recherchons principalement des collaborateurs souhaitant s’inscrire durablement sur le territoire et attachés à une bonne qualité de vie.
Où êtes-vous installés ?
Nous sommes actuellement accueillis au sein de l’espace CoWorkEtc, à la Cité Entrepreneuriale de Saintes.
Notre installation définitive est prévue début 2027 dans un plateau de bureaux situé au siège de Coop Atlantique, qui libère actuellement des espaces, rue du Docteur Jean à Saintes. Ces nouveaux locaux permettront d’accompagner sereinement le développement de nos équipes. Ce projet revêt également une dimension symbolique puisque nous collaborons depuis de nombreuses années avec Coopérative U.
Quel premier bilan tirez-vous de votre implantation à Saintes ?
Il est tout à fait possible de développer son activité depuis Saintes.
Dès le début de notre projet, l’Agence d’attractivité de Saintes a été notre premier interlocuteur. Son accompagnement, sa capacité à nous orienter vers les bons partenaires locaux et sa connaissance du territoire ont largement facilité notre implantation. Nous avons particulièrement apprécié la qualité de l’écoute et des échanges. Ici, les relations sont humaines : nous ne sommes pas un simple dossier. Aujourd’hui encore, nous restons en contact régulier avec l’Agence et nous savons pouvoir nous appuyer sur elle lorsque nous en avons besoin.
Qu’est-ce qui fait la différence avec d’autres territoires ?
La situation géographique est évidemment un atout majeur pour notre activité.
Mais ce qui fait réellement la différence, c’est la qualité de vie. Après avoir grandi à Tokyo et déménagé au total 27 fois, j’apprécie désormais le caractère humain de Saintes. On se sent rapidement intégré. J’aime le fait que mes commerçants préférés me reconnaissent. Il y a un véritable équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
J’apprécie également la richesse de la vie associative, je pratique notamment l’escalade, ainsi que le patrimoine, les festivités, la proximité de la mer, de Bordeaux et de La Rochelle.
Comme partout, certains sujets restent à améliorer, notamment l’accès à certains médecins et le développement de l’offre d’enseignement supérieur post-bac.
Que diriez-vous à d’autres porteurs de projets qui hésiteraient à s’implanter sur l’agglomération de Saintes ?
Je leur dirais qu’il s’agit d’un territoire où il est possible de créer et de développer une entreprise dans de très bonnes conditions.
Je voyage beaucoup et je n’ai malheureusement pas encore le temps de m’investir pleinement dans les réseaux économiques locaux, mais je ressens une véritable dynamique entrepreneuriale. Et surtout, ma famille s’y sent bien. Cet équilibre personnel est essentiel et contribue aussi à la réussite d’un projet d’entreprise.
Quels sont vos projets pour les prochaines années ?
Notre objectif est ambitieux : tripler notre chiffre d’affaires en France et poursuivre nos recrutements afin d’accompagner cette croissance, principalement sur des fonctions commerciales et en administration des ventes.